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Eaux noires, eaux grises… qu'est-ce que c'est ?

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Un plaisancier produit chaque jour plusieurs litres d’eaux usées, le plus souvent rejetées dans le milieu aquatique. La FIN vous aide à y voir clair dans ces eaux troubles, à comprendre les évolutions de la législation et à adopter les bons gestes pour l'environnement !

La Commission Océanographique Internationale de l'UNESCO définit la pollution marine comme «l’introduction par l’homme de substances ou d’énergies dans l’environnement marin qui entraînent des dommages aux ressources biologiques, des dangers pour la santé humaine, des entraves aux activités maritimes y compris dans le domaine des loisirs.»
 
Les eaux usées, mais aussi celles qui sont chargées en hydrocarbures, en font partie au premier chef.  La FIN s'efforce depuis longtemps de réduire cette source majeure de pollution. Pour mieux les combattre, il faut d'abord bien les connaître.


Eaux noires, les plus sales ?
 

Elles sont chargées des déchets provenant des toilettes, urinoirs et WC. Ce sont les seules considérées comme «polluantes» par la convention MARPOL. Pourtant, elles s'éliminent naturellement en milieu marin et cette pollution d'origine organique est en réalité plus risquée pour l'homme que pour l'environnement, lorsqu'elle s'accumule et se concentre, par exemple en période estivale, dans les zones de mouillage à forte densité.
 
Elles peuvent alors contribuer à la prolifération des algues (eutrophisation), accélérant la réduction d'oxygène dans l'eau et stimulant la croissance des végétaux, au risque de dégrader la flore marine. Mais surtout, sur le plan sanitaire, elles peuvent favoriser le développement des bactéries et des virus, participant à la présence de parasites mais aussi de résidus de médicaments (antibiotiques, antidépresseurs, bêtabloquants, contraceptifs oraux ) dans les eaux de baignade ou même de boisson (en s'infiltrant dans le réseau d'eaux potables).
 

Eaux grises, pas si claires...
 

Ce sont les eaux de lavage : celui du bateau et de son matériel (mobilier, vaisselles, lessives...) comme celui de ses passagers (débarbouillage, douches, shampooings…). Considérées comme moins polluantes que les noires, elles ne représentent qu'une faible part des rejets d'eaux usées, mais sont néanmoins les plus néfastes pour le milieu marin. Leur pollution est en effet d'origine chimique, et non plus organique comme les eaux noires : les molécules contenues dans les produits d'entretien, de nettoyage et de toilette ont un fort impact sur l'environnement.

Elles participent à la prolifération des algues (eutrophisation) et empoisonnent la faune et la flore marine, ainsi que la flore littorale (90 % de sa dégradation serait due aux tensioactifs contenus dans les eaux grises).


Eaux grasses… peut-être les pires ?
 

Noires, grises, mais aussi grasses : ces dernières proviennent de deux principales sources, les eaux dites « de fond de cale » et l'eau de refroidissement de l’échappement du moteur.

  • Les eaux de fond de cale sont un mélange de solvants, de tensio-actifs (contenus dans les détergents) et de sels métalliques (graisses et lubrifiants). Certaines substances sont des polluants organiques persistants (POP) qui s'accumulent dans l'environnement sans se dégrader. D’autres sont des toxines aquatiques, comme les hydrocarbures aromatiques (BTEX55), huile, cuivre, fer, mercure, zinc et nickel, sels métalliques organiques, détergents et solvants.
     
  • L’eau de refroidissement de l’échappement du moteur marin diesel de plaisance contient divers sous-produits issus de la combustion d’hydrocarbures, mesurés en tant que composés organiques volatiles (COV) ou semi-volatiles. Les polluants principaux qui se retrouvent dans l’eau de refroidissement de l’échappement sont les hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), le toluène et parfois des métaux. Ces deux sources d’eaux grasses contiennent des hydrocarbures dispersés et dissous.


Ce que dit la loi :
 

  • Tout rejet d’eaux grises, d’eaux noires, d’eaux de fond de cale est interdit dans les ports et dans la zone des 3 miles nautiques. En cas d'infraction, vous risquez jusqu'à 4000 euros d'amende pour un bateau de moins de 20 mètres.
     
  • L’article 43 de la loi sur l’eau précise que les navires de plaisance, équipés de toilettes et construits après le 1er janvier 2008, qui accèdent aux ports maritimes et fluviaux ainsi qu’aux zones de mouillages et d’équipement léger, doivent être munis d’installations permettant soit de stocker (bacs de rétention, toilettes sèches...) soit de traiter les eaux usées.
     
  • Si le navire est équipé d'un système de broyage et de désinfection et qu'il se trouve à plus de trois mille marins de la terre, il pourra rejeter ses eaux usées ainsi traitées, à une vitesse modérée, au moins égale à 4 nœuds.
     
  • Une nouvelle directive européenne, applicable à compter ce début d'année (1er janvier 2016) vient renforcer les exigences minimales de sécurité et d’environnement pour les bateaux de plaisance d’une longueur de coque comprise entre 2.5m et 24m, les VNM et les moteurs de propulsion (directive européenne 2013/53/UE). Seul le niveau d'émissions sonores autorisé reste inchangé !
     
  • L’exigence essentielle de la directive concerne le rejet des eaux noires : chaque toilette installée sur un bateau doit être uniquement raccordée à un système de rétention ou de traitement des eaux aux normes actuelles, communes à toute l'Europe.
     
  • Les valeurs limites autorisées pour les émissions gazeuses sont abaissées, en s'alignant sur les limites d’émissions gazeuses adoptées par l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Par ailleurs, l'évolution des normes européennes augmente l'exigence sur la composition des rejets dans l’atmosphère de gaz d'échappement.
     
  • Sur tous les plans, la réglementation se fait de plus en plus stricte à travers toute l'Europe, et on peut prédire que les obligations faites aux bateaux les plus récents seront généralisées au cours des années à venir. La FIN, très engagée depuis longtemps dans la protection de l'environnement a anticipé cette évolution, notamment avec ses campagnes eaux grises, incitant les plaisanciers à limiter l'usage des produits chimiques, ou avec la création du label Bateau Bleu, qui récompense les bateaux et équipements innovants sur le plan écologique.

Une bonne façon de prouver que le nautisme peut être non polluant, et de s'habituer aux écolo-gestes marins, pour une plaisance 100 % respectueuse de l'environnement.

 

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