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Les activités marines accusées à tort d'impacter l'environnement

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Noir c'est noir… mais il y a de l'espoir : les rejets d'eaux noires ou d'hydrocarbures sont loin d'être le principal facteur de pollution maritime et fluviale. .. et il va en se réduisant encore. La mauvaise réputation du nautisme en matière d'environnement surfe donc sur de fausses vérités… à décrypter !
Qu'elles soient noires ou grises, les eaux usées rejetées par les bateaux ne seraient responsables que de 0,06 % de la pollution des cours d'eau, selon une étude menée par la Confédération européenne des industries nautiques.. Quant aux hydrocarbures, leur provenance dans la mer est presque pour moitié d’origine... naturelle (49%) !
Elles se concentrent en effet dans les zones à forte activité sismique, comme le Golfe du Mexique, la Méditerranée ou les côtes d’Alaska. En deuxième position (47%) vient le transport maritime, dont celui d’hydrocarbures, les activités portuaires et les exploitations off-shore. Quant aux petits navires (bateaux de plaisance, petits bateaux de pêche ou de transport de passagers) ils ne sont responsables que de…  4% de la pollution par hydrocarbures d’origine maritime ! Si on considère les activités nautiques dans leur ensemble, elles génèrent à elles toutes moins de 1% de la pollution maritime et seulement 0,56% de la pollution par hydrocarbures en Europe.

La mer salie… d'abord par les terriens !
Alors que plus de 48 millions d’Européens pratiquent chaque année des loisirs nautiques en mer, et sur lacs et rivières, il est facile et tentant de les accuser d'être source de toutes les pollutions. Et pourtant, c'est une idée fausse : en réalité, les plaisanciers, fous amoureux de la grande bleue,  se gardent souvent de la souiller. Ils se montrent bien plus respectueux de l'environnement que les baigneurs ou les promeneurs ! Un chiffre suffit à le prouver : les activités humaines à terre sont responsables de 77% de la pollution maritime. Certes, ces activités sont «  difficilement traçables et invisibles aux yeux du public », comme le concluait le rapport Nautisme et Environnement remis au gouvernement en 2009 par le CSNPSN (Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques) et actualisé en 2014. Les bateaux sont donc des coupables tout trouvés ! Pourtant, selon ce même rapport, seulement 12% de la pollution marine est imputable à l’ensemble des activités maritimes…  En très grande partie, elle est donc d'origine terrestre !

Petits bateaux... polluent peu les eaux !
Les activités maritimes, c'est loin d'être seulement la navigation de plaisance : il y a aussi et surtout le transport maritime, le transport d’hydrocarbures et de produits dangereux, les activités portuaires, l’interface port-navire, les accidents tels que les marées noires, les dégazages, et autres rejets… Face à  cette diversité, le CSNPSN estime que « la plaisance et les autres activités nautiques ne représentent qu’une part mineure des 12% de pollution générée par les activités maritimes. » Premier au rang des accusés, le transport maritime : ses impacts environnementaux sont évidemment bien plus marquants que ceux du nautisme ; et pas seulement en raison de la taille des bateaux et de la densité du trafic ! Les technologies employées pour leurs moteurs jouent aussi leur rôle. Ceux qui équipent les bateaux de plaisance n’émettent pas de dioxyde de soufre, car le carburant et la technologie utilisée proviennent de l’industrie automobile.
Si l’on considère la pollution atmosphérique, les émissions des moteurs de plaisance représentent seulement 0,56% des émissions totales causées par les activités humaines et 1,65% des émissions du transport routier.
Les rejets en mer d’hydrocarbures, autorisés à de faibles concentrations par le droit international, sont insignifiants pour ce qui concerne la plaisance : ce sont bien sûr les navires de marine marchande qui représentent la majorité de ces rejets légaux, avec 188 000 tonnes par an... soit plus de 3,5 fois la pollution totale générée par les “petits navires » ! D'autant que près d'un quart de ces bateaux de plaisance sont des voiliers, dépourvus de moteur ou l'utilisant très peu (23,4 %, chiffres 2015 du ministère de l'Environnement)
Des pollutions « gérables » et en diminution
L'impact du nautisme est donc moins grand qu'on ne le croit, et va en se rétrécissant encore, grâce à la sensibilisation des usagers et aux pratiques qui s'améliorent, dans le respect des nouvelles réglementations. Il n'est donc pas si difficile de limiter drastiquement la pollution liée à la plaisance : il suffit d'un effort de chacun (cf « les bons gestes »).
Les progrès technologiques ont aussi un grand rôle à jouer : les émissions d'hydrocarbures ont plongé de 70 % sur les vingt dernières années, avec la généralisation progressive des moteurs de nouvelle génération (notamment les moteurs HB 4T et 2T à faible émission) Les méthodes de production ont également évolué en profondeur afin de réduire les rejets de produits polluants durant la construction ; idem en ce qui concerne les méthodes de déconstruction.
La Fédération est impliquée depuis longtemps dans ces efforts pour une mer plus claire… et ça va continuer, pour le bonheur de tous les plaisanciers : car vivre au plus près de la mer, c'est aussi apprendre à la respecter ; et en ce sens, l'environnement est l'essence même du nautisme !

 

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