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Les diplômes du nautisme : deux exemples de CQP

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La filière nautique recrute, et les entreprises expriment des besoins spécifiques. La Fédération des Industries Nautiques ainsi que les instituts de formation s'efforcent d'y répondre de la manière la plus adaptée, notamment par la création de Contrats de Qualification Professionnelle (CQP). Ceux-ci s'adressent aussi bien aux demandeurs d'emploi qui souhaitent intégrer la filière, qu'aux salariés qui désirent se spécialiser ou se reconvertir.


Guadeloupe Grand Large : les débuts prometteurs du CQP agent de maintenance


Depuis 2013, la région Guadeloupe a mis en place le centre de formation Guadeloupe Grand Large, qui prépare aux métiers de la mer. Une première année se solde par un Brevet de Capitaine 200, qui permet de conduire des bateaux à voile et à moteur et de devenir capitaine de marine marchande. Une autre année de formation spécialisée est possible pour obtenir un diplôme (CQP) de maintenance, valable aussi bien dans la plaisance que dans la course.

Luc Coquelin, l'un des formateurs du centre, présente ainsi la classe du CQP : "Nous avons cette année 13 stagiaires, qui ont tous entre 20 et 30 ans. La plupart d'entre eux ont déjà une bonne expérience de la navigation : ils pratiquent parfois la compétition. Cela donne un groupe particulièrement motivé et intéressant!"

La formation se partage entre cours théoriques et cours pratiques, principalement en mécanique et en électricité. "Nous apprenons aux jeunes tout ce qu'ils doivent savoir pour entretenir et réparer un bateau, souligne Luc Coquelin. Cela va par exemple du contrôle d'un moteur au montage électronique. La partie théorique est indispensable pour bien comprendre comment fonctionne un bateau, mais nous leur faisons faire également beaucoup de pratique. Nous les emmenons sur des chantiers, et ce sont eux qui s'occupent de la maintenance pour les régates le week end."

L'ouverture d'esprit est la clé pour que le jeune nautisme guadeloupéen se développe. "Nous poussons nos apprenants  à partir enrichir leur expérience, précise le formateur, ne serait-ce que sur les îles voisines comme Antigua, la Martinique ou Saint-Martin. Nous organisons également des déplacements en métropole où ils effectuent les travaux d'entretien. Ainsi, ils sont au fait des nouvelles technologies européennes."

Et les débouchés sont variés, si l'on en croit le bilan de la première promotion. "Davantage de diplômés du CQP sont maintenant installés comme techniciens que comme marins. Certains s'occupent de l'entretien général des bateaux, d'autres travaillent sur un chantier avec une part de stratification. D'autres encore sont employés dans des magasins, tandis que certains ont des responsabilités techniques sur des bases communales de voile. Deux tout de même sont skippers sur le circuit professionnel Figaro - nous les suivons de près!"
 

INB Concarneau : l'exemple d'une reconversion par le biais du CQP mécanique

 

Avant de vouloir intégrer la branche du nautisme, Laurent Moal a exercé plusieurs métiers. Il a d'abord fait de la manutention, puis il a saisi l'opportunité d'aller travailler en Allemagne pendant trois ans, dans l'industrie de la tapisserie-décoration où il a été formé sur place. De retour dans sa région natale à Douarnenez, il s'est établi comme chauffeur routier pendant une dizaine d'années. Enfin, il a été recruté dans une usine de Locronan qui fabrique des portails sur mesure, où on l'a formé au métier de menuisier aluminium et PVC.

"C'est à ce moment-là, en apprenant à travailler la matière, que j'ai voulu suivre une vraie formation qualifiante, raconte-t-il. Jusque-là, je n'avais jamais passé aucun diplôme, si l'on excepte le permis poids lourd! J'avais besoin à la fois d'un domaine spécialisé, et d'une certaine polyvalence à l'intérieur de ce domaine." Voilà comment Laurent Moal s'est tourné vers le CQP mécanique de Concarneau : propriétaire d'un bateau et passionné de voile, mais aussi "touche à tout et très intéressé par la mécanique", il a naturellement choisi d'intégrer la filière nautique par ce biais. Depuis septembre dernier, son entreprise finance sa formation dans le cadre d'un Fongecif.

L'Institut Nautique de Bretagne de Concarneau lui fournit les compétences multiples qu'il recherche : mécanique in-bord et hors-bord, électricité, composites. Le CQP consiste en six mois de formation intensive au centre, suivis de deux mois de stage en entreprise, avant l'examen final. "Les cours théoriques sont nombreux, et je pense que c'est essentiel pour bien comprendre ce que l'on fait. Mais dans l'atelier, nous avons de nombreux moteurs de tous types, sur lesquels nous pouvons nous exercer. Nous avons aussi la chance de pouvoir travailler sur une trentaine de voiliers de l'association des Glénans à Concarneau, qui nous laisse nous occuper de l'entretien. Enfin, nous allons en mer pour nous confronter à des situations de panne, où il faut apprendre à intervenir dans l'urgence. Tout cela est très concret!"

Finalement, Laurent Moal se dit très satisfait de sa reconversion. "C'est une véritable chance. Evidemment, retourner en classe, révisé le soir à la maison, travailler l'écrit et l'oral, tout cela demande beaucoup d'investissement. Et il faut se réhabituer à l'école que l'on a quittée depuis bien longtemps! Mais la formation est accessible sans diplôme, elle préfère tenir compte de la motivation et des compétences déjà acquises, même sur le tas, comme c'était le cas pour moi. J'ai de l'expérience et des facilités dans certains domaines, que je peux mettre à profit dans ce que j'apprends cette année. Pour tout dire, même si j'ai hâte de décrocher mon diplôme, j'aimerais presque que la formation dure plus longtemps encore!"

 

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